lundi 30 septembre 2013

Reconstruire une armée nationale. L'exemple du Liban depuis 1958-par Emma Soubrié

Pour télécharger le document : CDEF/DREX Bureau Recherche

La problématique de la reconstruction d’une armée nationale dans les États ayant connu de graves crises intérieures n’est pas l’apanage du Liban. Aujourd’hui, elle rejoint le concept plus large de « Réforme du secteur de la sécurité » (RSS) et pose la question de la place et du rôle dans de nouvelles structures nationales d’anciens insurgés ou miliciens que l’on souhaite réintégrer dans les cadres de l’armée. 

Or, le Liban constitue un véritable cas d’école puisque, entre 1958 et 1990, son armée a connu au moins quatre reconstructions successives, selon des formules différentes. Quelle place veut-on donner à « l’armée nouvelle » au sein de la nation ? Cette reconstruction peut-elle durablement être imposée et soutenue par les grandes puissances ? Que représente-t-elle pour les différentes communautés qui se sont longtemps affrontées ? Quelle est la part laissée au « multi-confessionnalisme » dans un processus visant à reconstituer une unité nationale mise à mal ? Une armée « fantôme » est-elle l’illustration d’un État « fantoche » ? Une autre posture que strictement défensive est-elle possible, sans brusquer telle ou telle composante ayant conservé des liens extérieurs forts avec un pays voisin ? Comment aborder les processus d’organisation des unités, de recrutement, de formation et de gestion du personnel, de rééquipement pour les matériels ? Telles sont quelques unes des questions que cette étude aborde, à travers l’analyse de cas concrets. Le processus empirique qui s’est développé durant plus de cinquante ans au Liban peut utilement éclairer les efforts actuels sur d’autres territoires pour reconstruire une armée nationale, miroir d’une société disloquée.

dimanche 29 septembre 2013

L'insurrection des Basmachis-par Alexandre Guérin

Pour télécharger le document : CDEF/DREX Bureau Recherche

Les campagnes militaires, mais aussi politiques au sens le plus large du terme, conduites par les autorités communistes en Asie centrale au début des années 1920 constituent un exemple de « pacification dure » qui permit d’imposer la maintien de la présence russe dans ces régions récemment conquises par les tsars. 

La capacité des Basmachis à se fondre au sein d’une population qui leur est très majoritairement favorable oblige la jeune Armée rouge à se réorganiser et à adapter ses modes d’action, en particulier en accordant aux officiers qui commandent les unités sur le terrain une plus large autonomie et en favorisant le développement de milices villageoises extrêmement contrôlées. Par ailleurs, ces opérations seules auraient été insuffisantes sans le ralliement de certaines élites locales, le déploiement d’un dense réseau d’encadrement de la jeunesse et des femmes, la mise en application d’une nouvelle législation sociale et les efforts consentis en faveur du développement économique qui permirent le ralliement de larges secteurs de la population. 

Jouant parallèlement à la fois sur une répression sévère et sur la prise en compte des besoins des habitants, les Bolcheviques parvinrent à attacher l’Asie centrale à l’Union Soviétique naissante pour de longues années.

vendredi 27 septembre 2013

L'armée syrienne-par Stéphane Mantoux Lettres du Retex-Recherche n°1 et 2

Les deux premières lettres du retex-Recherche sont consacrées à l'histoire de l'armée syrienne de l'indépendance à la guerre civile.

Pour les télécharger cliquez ici

mardi 24 septembre 2013

Les rébellions touarègues au Sahel-par Mériadec Raffray

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C’est à une invitation au voyage que nous convie l’étude de M. Raffray, journaliste et officier de réserve au CDEF. Voyage dans l’espace touareg, du Fezzan libyen à l’Azawad du nord Mali, mais aussi voyage dans le temps, de l’époque du « Sahara français » à nos jours en passant par la période des indépendances de l’Afrique sahélienne.
A l’heure où la France s’engage au Mali et alors que l’armée de Terre finalise une « Doctrine d’emploi des forces terrestres en milieu désertique », ce cahier du RETEX vient opportunément apporter des éclairages sur l’origine lointaine et les caractéristiques des rébellions touarègues nées en 1990 au Niger et au nord du Mali.
 Ce document présente dans un premier ensemble de trois parties une mise en perspective politico-historique de plus d’un siècle, très précieuse pour qui cherche à décrypter l’origine des conflits dans la zone de peuplement touarègue. L’auteur a cherché notam ment à faire comprendre les marqueurs de l’identité des « hommes bleus », la nature de leurs liens historiques avec l’armée française, les fondamentaux de leurs ancestraux modes d’actions tactiques, ainsi que les raisons des frustrations nées des indépendances afri caines et qui sont à l’origine de l’insurrection de 1990. Autrement dit, sont présentés le «Qui ? »,  le «Où?»  et le « Pourquoi ? »  des futures rébellions.
Dans un second ensemble de trois parties, M. Raffray développe le « Comment ? »  et le « Avec qui ? »,  des rebellions touarègues au Mali et au Niger depuis 1990. Le lecteur trouvera ici des éléments sur la naissance de ces mouvements armés et leur évolution depuis trente ans. On y constate que ces rebellions continuent d’appliquer intuitivement les principes de guérilla dans le désert tel que Laurence d’Arabie les a énoncé en 1922 dans Les Sept piliers de la Sagesse. Les  rivalités ou les alliances de circonstances avec les djihadistes présents depuis dix ans dans cette zone et l’impact de la guerre civile en Libye sont également expliqués.
Ce cahier du RETEX nous fait donc redécouvrir cette partie de l’Afrique naguère si familière aux militaires français, et singulièrement ceux des unités méharistes. Il nous rappelle aussi que les modes d’action utilisés ces dernières décennies par les combattants Touaregs en zone sahélienne consistent en une adaptation de l’ancestrale tactique du rezzou et de l’embuscade. Le sabre et le dromadaire ont aujourd’hui cédé la place à la mitrailleuse, au pick-up et au téléphone satellitaire.

lundi 23 septembre 2013

L'armée française en Algérie, l'armée britannique au Kenya-par Rodolphe Modeste

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En dépit des différences réelles qui existent entre ces deux territoires et ces deux campagnes, il apparait que les deux armées, l’armée britannique au Kenya et l’armée française en Algérie, peinent dans un premier temps à adapter leurs déploiements et leurs modes d’action aux formes prises par le conflit. 

Dans une deuxième étape, elles adaptent leurs moyens et refondent à la fois leur organisation propre et l’emploi de leurs forces. On constate donc, paradoxalement, qu’à l’issue d’une première phase, les deux armées se rejoignent dans certains domaines : importance du renseignement qui doit être immédiatement exploité, emploi limité des troupes supplétives autochtones, nécessité d’une étroite coordination entre les unités engagées au sol et la troisième dimension, etc. De la même façon, ces deux armées occidentales se trouvent confrontées à un adversaire extrêmement mobile qui connait bien et utilise à fond le terrain : le quadrillage par des petits postes fixes permanents, qui permet de « tenir » une région, doit être complété par de vastes opérations de « ratissage » afin de chasser les groupes rebelles de leurs sanctuaires.

Au-delà de leurs caractéristiques propres, ces deux conflits voient donc deux armées régulières connaître des évolutions continues, parallèles sinon communes, face à un ennemi irrégulier après une première phase d’adaptation nécessaire. De nombreux enseignements tirés de ces deux expériences conservent aujourd’hui leur pertinence.


mercredi 18 septembre 2013

Contre-insurrection : la doctrine Hogard-par Mériadec Raffray

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L’idéal de la guerre subversive redevient, paradoxalement, celui prôné par les chefs d’État au XVIIIe  siècle : « vaincre sans combattre », affirme Jacques Hogard. Cet officier français appartient à une génération de lieutenants et de capitaines qui combattirent un phénomène déjà connu mais poussé à son paroxysme dans le contexte de la Guerre froide et, depuis, « adopté par tous les barbares modernes » selon son expression. Son mérite est de l’avoir analysé froidement, dans sa globalité, pour tenter d’y faire échec.

« Guerre menée à l’intérieur d’un territoire par une partie de ses habitants - aidés et renforcés ou non de l’extérieur - dans le dessein d’enlever à l’autorité de droit ou de fait le contrôle de ce territoire ou au minimum d’y entraver son action ».  Arrêtée dans les années 1950, cette définition de la guerre subversive demeure pertinente pour qualifier les principaux conflits dans lesquels sont engagées aujourd’hui les forces armées occidentales. à commencer par l’engagement de la coalition internationale en Afghanistan, qui a concerné jusqu’au premier semestre 2011 jusqu’à 4 000 soldats français. On doit cette formule au Français Jacques Hogard.

Hogard se distingue par son approche globale du phénomène subversif, qui apparaît nouveau à ses contemporains en raison de son ampleur et sa puissance inégalée. Après avoir bâti une méthode d’analyse de la guerre révolutionnaire, il en tire une stratégie et une tactique pour en venir à bout. Sa doctrine articule subtilement le recours aux opérations – on dirait aujourd’hui à la « coercition » – et à la pacification, cette action qui nécessite « l’intégration ou au moins la combinaison étroite des efforts de tous, civils et militaires ».


Auteur : Mériadec Raffray

dimanche 8 septembre 2013

Faire un stage au bureau recherche

UN PARTENARIAT GAGNANT/GAGNANT
L’établissement d’enseignement supérieur se voit assuré de la qualité du stage proposé : 

 • encadrement professionnel (un officier supérieur, docteur et un enseignant chercheur, agrégé et docteur),
 • thèmes d’études centrés sur les problématiques de défense les plus actuelles dans une perspective historique, juridique, sociologique ou géographique.

L’étudiant bénéficie : 

 • d’un cadre de travail adapté et de conditions matérielles d’accueil exceptionnelles : bureau, téléphone, ordinateur, centre de documentation, bibliothèque patrimoniale,
 • opportunités de rencontres avec des professionnels de la défense, officiers et chercheurs français et étrangers, et d’un accès direct aux sources documentaires et d’archives.

Le CDEF propose à ses stagiaires : 

 • une approche extérieure novatrice sur les thématiques d’aujourd’hui et un renforcement du lien avec la recherche universitaire,
 • la capacité à s’intégrer dans un laboratoire de recherche de la défense en lien avec les autres centres de recherche de la défense .

POUR CANDIDATER À UN STAGE

Adresser par voie électronique ou postale un CV et une lettre de motivation au bureau Recherche deux à trois mois avant la date souhaitée de début de stage.

Tous les candidats sont reçus en entretien individuel au fur et à mesure de la réception des dossiers.
Profil des stagiaires :
Étudiants de L3 à doctorant dans des enseignements de sciences politiques, de relations internationales, histoire militaire, sécurité extérieure et intérieure, défense européenne, étude des phénomènes guerriers, droit international, etc.

QUEL TYPE DE STAGE ?

Chaque année, le bureau Recherche accueille 10 à 15 étudiants, sous des statuts différents (stagiaires et apprentis).



Adresse géographique :
Centre de Doctrine d'Emploi des Forces, 1 place Joffre Case 53 75707 PARIS. Métro : École militaire (ligne 8)
Contacts :
Colonel Michel Goya (chef du bureau Recherche)
Tél. : 01.44.42.81.65 - 
Julie d’Andurain (adjointe au chef du bureau Recherche)
Tél. : 01.44.42.81.53

samedi 7 septembre 2013

Le bureau recherche du Centre de doctrine d'emploi des forces

Centre de réflexion et d’élaboration doctrinale de l’armée de Terre, le CDEF travaille au bénéfice des états-majors centraux sur les questions liées à l’emploi des forces terrestres. En son sein, la Division recherche et retour d'expérience est plus particulièrement chargée d’identifier les enseignements des opérations en cours et de nourrir la réflexion doctrinale.
Le bureau Recherche a pour mission de réaliser des études de cas et des travaux de synthèse. Il entretient des liens avec les université, les centres et de recherche et les services historiques. Il réalise des travaux de synthèse publiés sous les formes de cahiers ou de notes. Ceux-ci sont conduits par des officiers de réserve, des chercheurs associés et des étudiants stagiaires sous la double direction d’un officier supérieur et d’un enseignant-chercheur.